Mis à jour le 6 octobre 2026. Chiffres 2026, réforme 2027-2028 intégrée.
Réponse courte. En Allemagne, l’assurance maladie est obligatoire. Un salarié est assuré dans le régime public, la GKV, tant que son salaire brut annuel reste sous 77 400 € (seuil 2026). Au-dessus de ce seuil, et pour la plupart des indépendants, le choix existe entre la GKV et l’assurance privée, la PKV. La GKV calcule la cotisation sur le revenu. La PKV la calcule sur l’âge et l’état de santé. En 2027, le seuil monte de 3 600 € de plus que d’habitude.
Le courrier des ressources humaines
Le contrat de travail est signé. Quelques jours plus tard, un message des ressources humaines arrive : « Merci de nous indiquer votre caisse d’assurance maladie. »
Selon le pays d’origine, on vient d’un régime unique obligatoire complété par une assurance complémentaire, d’une assurance de base souscrite auprès d’assureurs privés, ou d’un système public financé par l’impôt. L’Allemagne ne ressemble à aucun de ces modèles : deux régimes coexistent, et la question arrive sans que personne n’ait préparé le nouvel arrivant.
Le réflexe est de chercher le moins cher, ou de suivre ce que fait un collègue. C’est rarement la bonne méthode : les deux régimes reposent sur des logiques différentes, et selon la situation, le choix n’existe peut-être pas.
Qui peut choisir ?
La GKV est l’assurance maladie publique (gesetzliche Krankenversicherung). La PKV est l’assurance maladie privée (private Krankenversicherung). L’accès à l’une ou à l’autre dépend du statut.
| Situation | Régime applicable |
|---|---|
| Salarié sous 77 400 € brut par an (seuil 2026) | GKV obligatoire |
| Salarié au-dessus de ce seuil | Choix entre GKV volontaire et PKV |
| Indépendant, profession libérale | Choix en principe libre |
| Étudiant, sans activité, détaché | Règles spécifiques, à examiner au cas par cas |
Un salaire confortable mais inférieur au seuil ferme donc l’accès à la PKV. Une couverture du pays d’origine (assurance de base, carte d’assuré européenne, assurance d’expatrié) ne remplace en principe pas l’assurance allemande quand on travaille ici sous contrat allemand : elle peut servir de passerelle de courte durée selon le pays et la situation, sans dispenser de s’assurer en Allemagne.
Comment ça fonctionne
La GKV demande combien vous gagnez. La PKV demande qui vous êtes.
En GKV, la cotisation est un pourcentage du salaire, jusqu’à un plafond. L’employeur en paie la moitié. Les enfants sont couverts sans cotisation supplémentaire, et le conjoint sans revenu l’est aussi aujourd’hui. Les prestations sont les mêmes pour tous, fixées par la loi.
En PKV, la prime dépend de l’âge à l’entrée, de l’état de santé et du niveau de garanties choisi. Chaque personne a sa propre prime, conjoint et enfants compris. Les garanties sont définies par le contrat.
| GKV | PKV | |
|---|---|---|
| Base de la cotisation | Le revenu | L’âge, la santé, les garanties |
| Enfants | Couverts sans cotisation | Une prime par enfant |
| Conjoint sans revenu | Couvert sans cotisation (supplément à partir de 2028 sous conditions) | Une prime |
| Prestations | Fixées par la loi | Fixées par le contrat |
| Questionnaire de santé | Non | Oui |
| Retour en arrière | Possible dans de nombreux cas | Très limité, surtout après 55 ans |
Quand la GKV est le meilleur choix
Pour une large part des salariés, rester en GKV est le choix le plus solide.
Une famille avec un seul revenu y gagne l’essentiel : les enfants et le conjoint sans revenu sont couverts sans prime supplémentaire, alors que la PKV facture chaque personne. Un revenu variable s’accommode mieux d’une cotisation qui suit le salaire que d’une prime qui reste fixe quand l’année est difficile. Un passage à temps partiel, une durée de séjour incertaine ou un suivi médical régulier plaident aussi pour la GKV, qui ne pose ni questionnaire de santé ni engagement long.
Quand la PKV se défend
La PKV a sa place pour un profil jeune, en bonne santé, sans enfant à court terme, avec un revenu élevé et stable. Elle convient aussi à qui veut des garanties précises, fixées par contrat, ou à un indépendant qui veut choisir son niveau de couverture.
Même dans ces cas, deux réserves s’imposent. La prime d’entrée n’est pas la prime de long terme : elle évolue avec l’âge et avec les ajustements de tarif de l’assureur. Et la sortie est difficile : revenir de la PKV vers la GKV est possible dans certains cas, par exemple si le revenu passe sous le seuil, mais devient très limité après 55 ans.
Ce que le prix ne montre pas
Quatre points échappent souvent à la comparaison, parce qu’ils ne figurent pas dans le prix mensuel.
Deux offres au même prix ne protègent pas pareil. En PKV, chaque tarif fixe ses propres plafonds de remboursement, ses conditions d’hospitalisation, ses soins dentaires et sa franchise. Une prime plus basse reflète souvent une garantie plus étroite ou une franchise plus haute.
L’arrêt maladie n’est pas couvert de la même façon. En GKV, la caisse verse un revenu de remplacement après six semaines d’arrêt. En PKV, ce revenu de remplacement n’existe pas par défaut : il faut souscrire une indemnité journalière en plus, et elle a un coût.
La prime ne reste pas figée. Les assureurs privés peuvent relever les primes selon des règles encadrées. Le comportement d’un tarif dans le temps fait partie de l’offre.
Un contrat signé se juge aussi après coup. Il existe des droits pour modifier un contrat PKV ou le faire réexaminer. C’est le sujet d’un article dédié : Contrat d’assurance maladie privée déjà signé : comment le comprendre et le remettre en question.
2027 et 2028 : ce que la réforme change
La loi de stabilisation des taux de cotisation de la GKV, publiée au Journal officiel fédéral le 29 juillet 2026, modifie directement ce choix.
Le seuil au-dessus duquel un salarié peut passer en PKV augmente exceptionnellement de 3 600 € en 2027, en plus de l’adaptation annuelle habituelle. Un salarié qui dépassait l’ancien seuil mais pas le nouveau restera en GKV. Le plafond de cotisation de la GKV est relevé du même montant : la cotisation maximale augmente pour les hauts revenus qui y restent.
Les salariés qui, au 31 décembre 2026, sont exemptés de l’assurance publique parce qu’ils dépassent le seuil et qui sont déjà assurés en PKV ne sont pas concernés par cette hausse exceptionnelle. Une simple assurance complémentaire ne suffit pas pour en bénéficier.
À partir du 1er janvier 2028, un conjoint couvert gratuitement en GKV sera soumis à un supplément de 2,5 points de cotisation sur le revenu du membre. Les enfants restent couverts sans cotisation. Le supplément ne s’applique pas notamment si un enfant de moins de 12 ans vit dans le foyer du conjoint, ou en cas de soins à un proche ou de handicap.
Les montants exacts de 2027 seront fixés par ordonnance à l’automne. Cette page sera mise à jour à ce moment-là.
Combien ça coûte ?
En GKV, le calcul est direct. Le salarié paie 8,75 % de son salaire brut (la moitié du taux général de 14,6 % plus la cotisation moyenne des caisses de 2,9 %), jusqu’au plafond de cotisation de 69 750 € par an en 2026. Les montants ci-dessous excluent la cotisation de dépendance.
| Situation | Cotisation GKV par mois |
|---|---|
| Salarié, 50 000 € brut par an | 364,58 € |
| Salarié, 69 750 € brut par an ou plus (plafond) | 508,59 € |
| Indépendant assuré volontaire, au plafond | 1 017,19 € |
Au-dessus du plafond, la cotisation ne monte plus. C’est ce qui fait que la GKV devient relativement moins chère à mesure que le salaire monte, et que la question de la PKV se pose précisément pour les hauts revenus.
En PKV, il n’existe pas de prix type. La prime dépend de plusieurs éléments qui se combinent :
| Ce qui fait varier la prime PKV | Effet |
|---|---|
| Âge à la souscription | Plus on souscrit tard, plus la prime d’entrée est élevée |
| État de santé | Peut entraîner une surprime ou des exclusions |
| Niveau de garanties | Plus les remboursements sont larges, plus la prime monte |
| Franchise | Plus elle est haute, plus la prime baisse |
| Indemnité journalière en cas d’arrêt maladie | S’ajoute à la prime, selon son montant et son début |
| Nombre de personnes à assurer | Une prime par personne, enfants compris |
| Assureur et tarif choisis | À garanties comparables, les écarts sont importants |
| Participation de l’employeur (salariés) | Réduit la part payée, dans une limite fixée |
C’est pourquoi un chiffre unique serait trompeur : la même personne peut recevoir des offres très différentes selon les garanties et la franchise retenues. La seule comparaison fiable se fait sur le profil réel, à garanties précisées et identiques entre les offres. Un premier échange permet d’obtenir ce calcul concret, sans engagement.
Cinq questions avant de choisir
- Le revenu dépasse-t-il le seuil, et le dépassera-t-il encore en 2027 ?
- Y a-t-il ou y aura-t-il bientôt des enfants, un conjoint sans revenu ?
- Combien de temps l’installation en Allemagne doit-elle durer ?
- Le revenu est-il stable ou variable ?
- Plusieurs assureurs ont-ils été comparés, à garanties équivalentes ?
Comparer sur un profil réel
Feller Financial Advisory travaille avec plusieurs assureurs et compare sur le profil réel de chacun. Le premier échange dure environ une heure et il est gratuit. Il permet de comparer des offres à garanties équivalentes, ou de passer en revue un contrat déjà signé. Le parcours d’Adrien Feller est détaillé sur la page à propos et l’accompagnement des particuliers sur la page Particuliers.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé ni une recommandation de produit. Les montants, seuils et règles évoluent chaque année : vérifiez toujours la situation à jour. Pour toute question fiscale, un Steuerberater reste l’interlocuteur adapté.
Sources
- Bundesgesetzblatt 2026 I Nr. 228, loi de stabilisation des taux de cotisation de la GKV, publiée le 29 juillet 2026 (§ 6, § 223, § 242b SGB V)
- Valeurs de référence 2026 de l’assurance sociale (ordonnance du gouvernement fédéral) : seuil de 77 400 €, plafond de cotisation de 69 750 €
- Taux général et cotisation complémentaire moyenne 2026 : GKV-Spitzenverband
Questions fréquentes
À partir de quel revenu un salarié peut-il choisir la PKV ?
Il faut dépasser un seuil de salaire brut annuel fixé chaque année : 77 400 € en 2026. En 2027, le seuil augmente de 3 600 € de plus que l’adaptation habituelle, et le montant exact sera fixé par ordonnance.
Un indépendant peut-il choisir librement entre GKV et PKV ?
En principe oui, entre l’assurance publique volontaire et l’assurance privée. En GKV, sa cotisation dépend de son revenu, avec un minimum.
Les enfants et le conjoint sont-ils couverts gratuitement en PKV ?
Non, chaque personne a sa propre prime. En GKV, les enfants sont couverts sans cotisation, et le conjoint sans revenu l’est aussi jusqu’en 2028, avec un supplément ensuite sauf exceptions.
Peut-on revenir en GKV après être passé en PKV ?
Dans certains cas, par exemple si le revenu passe sous le seuil. Après 55 ans, le retour est en principe très limité. Les règles de passage ont été modifiées en janvier 2026, il faut examiner sa situation précise.
Combien coûte une assurance maladie privée en Allemagne ?
Il n’existe pas de prix type : la prime dépend de l’âge à la souscription, de l’état de santé, du niveau de garanties, de la franchise, de l’indemnité journalière, du nombre de personnes assurées et de l’assureur. En GKV, le salarié paie 8,75 % de son brut jusqu’à un plafond (508,59 € par mois au plafond en 2026, hors dépendance). Seul un calcul sur le profil réel permet de comparer.
La réforme change-t-elle le choix entre GKV et PKV ?
Elle peut le faire : le seuil monte en 2027, le plafond de cotisation GKV aussi, et le conjoint sans revenu sera soumis à un supplément à partir de 2028. Pour un salarié proche du seuil ou une famille, la comparaison est à refaire.
Peut-on remettre en question un contrat PKV déjà signé ?
Oui, dans certaines limites : rétractation dans les 14 jours, changement de tarif chez le même assureur, changement d’assureur ou résiliation. Chaque option a ses conséquences, détaillées dans l’article sur le contrat d’assurance maladie privée déjà signé.


